Ne pas aimer jouer avec son enfant, oui ça se peut

J’ai une confession à faire: je n’aime pas jouer avec mon fils. Voilà, j’ai craché le morceau. Mais attention. Ma petite enquête a démontré que je ne suis pas seule. Si je vous ai démasqué, ne vous sentez pas coupable. Peut-être avez-vous une charge mentale trop importante pour penser à jouer… C’est une piste d’explication. En fait, s’amuser n’est nul autre qu’une façon d’être présent avec son enfant. Répugner à jouer avec son enfant… La belle affaire. J’ai exploré la question. 

Nous sommes samedi matin. Je regarde mon chum jouer avec notre fils aux Legos. Je me réjouis de voir qu’ils s’amusent autant l’un que l’autre. Ça m’arrange, car pendant ce temps je cuisine, démarre une brassée de lavage, révise la liste de choses à faire, note une idée de blogue. Un peu plus tard, mon petit loup tire sur ma robe de chambre et me demande de jouer avec lui. Je lui explique que je suis occupée pour encore quelques instants…

Se fouetter pour jouer

Dans ma tête, je me dis que jouer fait partie des corvées que je dois faire et mettre à l’horaire. Je quitte la cuisine pour aller au salon rejoindre mon bout de chou de 3 ans et demi. Il s’amuse à parler comme un robot. Je le trouve mignon et il me fait craquer. J’analyse la situation en procrastinant un peu: je regarde l’heure sur mon téléphone, m’attarde sur deux courriels, éteins la télé qui a assez joué… Une petite voix culpabilisante me dit: «Allez maman, fouette-toi un peu et mets ton nez de clown pour faire rire ton fils.»

Je joue un moment et la liste des tâches ménagères revient me hanter. Secrètement, je voudrais me défiler pour me réfugier à plier les vêtements. Un sentiment de mère indigne m’envahit. Je me demande si les mamans autour de moi répugnent toutes à jouer avec leur enfant. Un beau jour d’été, à l’occasion d’une conversation de fille, j’ose en parler à Annie qui me répond: «Ah! Non, faire la drôle et jouer, c’est pas mon fort.» Et bien… je vois que je ne suis pas seule. Annie, tu me rassures. Sommes-nous de bonnes mères quand même? Il doit y en avoir d’autres comme nous.

La femme et la charge mentale

En tant que femme, je suis investie de la faculté de penser à tout. C’est mon pouvoir de super héros. Cependant, ça laisse peu de place pour la case du jeu dans mon esprit. Par hasard, je trouve une lecture sur le sujet de la charge mentale des femmes. L’auteure Emma dresse un portrait des femmes fatiguées d’avoir dans la tête la liste des mille et une chose domestique à exécuter. Dans mon cas, j’ajoute que cela inclut le fait de ne pas aimer jouer avec son enfant. Suite à ce constat, j’ai mieux compris comment mon cerveau fonctionne. Disons que ça me donne quelques munitions. Désormais, j’ai des arguments pour répondre à mon chum lorsqu’il me demande de jouer avec fiston. Je lui signale avec humour: c’est ta job. Moi je suis occupée à gérer!

Une super Germaine

Comprenez bien que j’adore mon fils. J’aime communiquer avec lui, l’aider à résoudre ses  problèmes, soigner ses bobos, penser à ses besoins, cuisiner en sa compagnie, lui raconter des histoires, savoir qu’il est bien, le cajoler, mais jouer?… Je pense que papa est plus doué et fanfaron que moi. On dit que les femmes en général excellent dans l’organisation. Alors qu’on me laisse organiser la maison, les horaires, la routine. Je gère… Je l’avoue, je suis une Germaine qui aime que la maison roule. Il y a toutefois des façons d’être présente et attentive à son enfant, sans pour autant devenir Mary Poppins ou Julie Andrews dans la Mélodie du Bonheur.

Différentes façons d’être présent à son enfant

Dans cet article, vous lirez noir sur blanc que, si un parent n’aime pas jouer avec son enfant, ce dernier comprendra qu’il est reconnu et aimé par lui d’une autre façon. Yé! On apprend en plus que le jeu n’est pas aussi sacré qu’on croit et qu’il y a de multiples façons de contribuer au développement de nos petits amours. J’affectionne la psychologue Isabelle Filliozat qui avance que le jeu ne se résume pas à faire des casse-têtes ou à habiller des poupées. Il englobe les câlins et tout ce qui favorise un réel échange d’émotions et de sentiments. Être un parent parfait, franchement, ça ne me tente pas. Sur le sujet, je recommande ce livre et cette autre ressource écrits par Isabelle Filliozat: «J’ai TOUT essayé !»

Ne pas aimer jouer avec son enfant: solutions

Suite à une discussion sur le fait de ne pas aimer jouer avec son enfant, mon amie Julie m’a dit: il parait que jouer 15 minutes par jour est assez pour développer un lien avec nos enfants. Ah! Juste 15 minutes! J’ai tapé la question dans Google. Un parent averti connaît le site Naître et grandir. C’est là que j’ai trouvé quelques pistes de réponses. Je vous livre ma check list perso:

  • S’amuser avec son enfant quotidiennement, 10 ou 15 minutes, favorise la complicité.
  • Laisser l’enfant diriger le jeu lui procure une valorisation positive.
  • Observer et commenter sans participer permet à l’enfant de développer son autonomie.
  • Favoriser les moments en famille est bénéfique au développement de l’enfant.
  • Collectionner les moments spontanés et les fous rires renforce les liens.
  • Garder en tête que l’objectif est l’atteinte du plaisir partagé.

Nous sommes dimanche matin. Mon chum s’amuse cette fois avec notre fils en le trainant comme une poche de patate. Je me sens moins coupable. J’ai compris que je suis une bonne mère même si je répugne quelque peu à jouer avec mon enfant. Ma façon d’être présente est différente. Très honnêtement, vaut mieux investir mon temps où il y a une réelle complicité avec fiston. Faire semblant n’est pas gagnant à long terme. J’entends ma mère me dire: «Profites-en, l’enfance ça passe très vite». Je me dis qu’elle a raison…

Je suis présente et aux petits soins à mon fils, comme elle doit l’être avec ma grand-mère vieillissante. Ainsi vont les cycles de la vie. Et puis, viendra le temps où mon petit homme répugnera jouer avec sa mère… Je serai alors celle qui quémandera les moments de proximité. Oh My God!

PS: Anton et Loan, je vous aime.

Mélanie Paquette-Martin

Mélanie Paquette-Martin est issue d’un parcours de recherchiste télévision. Elle est naturopathe ND, rédactrice web et blogueuse.

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